Le cloud gaming: quel avenir pour le jeu vidéo?

Jouer n’importe où, n’importe quand, bientôt la nouvelle façon de jouer?

Le cloud, vous en avez sûrement déjà entendu parler. Apple en a récemment fait la publicité à la télévision. Le principe est simple, et plutôt intéressant: un système qui vous permettrait de stocker en ligne sur des serveurs, images, vidéos ou documents, accessibles depuis n’importe quel support connecté à internet, ordinateur, smartphone ou tablette.
Le cloud gaming c’est la même chose, avec des plateformes en ligne qui permettent de jouer en streaming (à la demande). Vous commencez une partie du dernier jeu que vous avez acheté sur votre console de salon, vous la poursuivez sur votre smartphone dans le train, puis sur votre ordinateur/tablette au bureau ou en cours, le rêve!!

Si la pratique n’est pas encore très répandue, elle prend de l’ampleur. Les deux principales plateformes de jeux à la demande sont Origin, d’Electronic Arts, et Steam de Valve, qui proposent du contenu pour PC et Mac. Elles commercialisent à la fois les derniers jeux du marché, (Mass Effect 3, Star Wars: The Old Republic, etc.), des contenus exclusifs, ou encore la possibilité de pouvoir tchater avec d’autres joueurs pendant le jeu. De leur côté, les plateformes en ligne des constructeurs (PSN, Xbox live et WiiWare) proposent l’achat dématérialisé des derniers jeux vidéos.

La dématérialisation, que du bon?

L’avantage du dématérialisé devrait être avant tout son prix. Devrait, car pour l’instant les nouveaux jeux sont proposés au même prix en ligne  qu’en magasin, de quoi lancer le débat sur les coûts de production d’un jeu… Le prix ne semble donc pas être l’atout principal (pour l’instant) pour amener les joueurs sur le terrain du dématérialisé. Quand la pratique sera plus répandue, et les plateformes plus nombreuses, alors la bataille de l’offre et la demande pourrait peut-être bénéficier aux joueurs.

Autre atout de la dématérialisation: trouver des jeux « du grenier », difficiles à trouver en magasin, ou vendus à prix d’or. Exemple: le mythique Final Fantasy VII (sorti en 1997 sur Playstation) est à 9.99 € sur le Playstation Store, contre près de 60€ en boutique spécialisée! Mais attention aux mauvaises surprises, comme la demande de renouvellement de licence pour pouvoir jouer, deux ans après l’achat… Avis donc aux intéressés, renseignez vous bien sur la durée nécessaire pour finir un jeu que vous convoitez, et rentabiliser votre achat au maximum.

Le gain de place est un autre avantage, fini l’étagère pleine de jeux et de poussière, les jeux dans les mauvaises boites, et les CD rayés! Avec le cloud, toutes les données sont stockées en ligne sur un serveur! Super? Pas vraiment, si on se rappelle des attaques qu’a subi le PSN en septembre 2011 par les hackers de LulzSec, volant au passage les coordonnées bancaires de milliers de joueurs… La sécurité des serveurs et des données doit donc être surveillée de très près par les plateformes pour garantir un service de qualité et rassurer les joueurs les plus pessimistes.

Enfin, le principal intérêt du cloud est la possibilité de pouvoir jouer n’importe où, avec n’importe quel média connecté. Mais pour cela, il faut le matériel adéquat, c’est-à-dire des tablettes ou des smartphones dernier cri, compatibles avec les plateformes, qui ne sont pas forcément à la portée de tous les portes-monnaies. Là aussi, la dématérialisation n’est pas synonyme d’économie…

Quel avenir pour les constructeurs, les revendeurs et les jeux « matériels »?

Le cloud gaming renverse les rôles entre constructeurs de consoles, distributeurs, et développeurs de jeux, qui pèseront plus lourd dans la balance du marché du jeu vidéo à l’avenir. L’Electronic Entertainment Expo ou E3, la grande messe annuelle du jeu vidéo, qui aura lieu du 5 au 7 juin 2012 à Los Angeles, est l’occasion pour les constructeurs et les éditeurs de montrer les sorties de l’année à venir. Beaucoup de questions taraudent les joueurs: à quoi vont ressembler les futures consoles? Si les jeux matériels disparaissent, les consoles seront-elles plus petites? Leur atout sera-t-il leur connectivité pour jouer sur le cloud? Comment vont-elles se différencier de leur nouveaux concurrents, les tablettes, les smartphones ou les réseaux sociaux qui se renouvellent beaucoup plus vite?

Nous arrivons à une période charnière pour les constructeurs que sont Nintendo, Sony et Microsoft. Les consoles présentes actuellement sur le marché, arrivent en fin de vie, même si la PS3 ou la Xbox 360 (la plus « ancienne » des consoles HD sortie en 2005) ont encore quelques années devant elles. La Nitendo 3DS, la PS Vita sont les consoles « Next Gen » et la Wii U, future console de Nitendo, pointe le bout de son nez avec, paraît-il, un système plus puissant que sa rivale la PS3. En ce qui concerne la PS4 et la Xbox 720, très peu d’informations ont filtré, le mystère reste donc entier. Mais le cloud gaming risque de rendre obsolète la notion de puissance comme critère de classification des consoles.

Autre avenir incertain, celui de la distribution. Le secteur subit directement l’impact de la dématérialisation, en témoigne l’enseigne Game, qui accuse une perte de 26 millions d’euros en 2011. Baisse des ventes, concurrence des pays voisins, et bien sûr dématérialisation, en sont les principales causes. En conséquence, plus de 600 magasins vont fermer en Australie et en Europe, dont 197 en France! La dématérialisation remet en cause le système économique du jeu vidéo. Les magasins spécialisés vont-ils disparaître?

Est-ce aussi la fin des jeux vidéos matériels? Pas pour l’instant, pour la simple et bonne raison que les joueurs sont fétichistes. On collectionne les jeux, on recherche ceux que l’on a pas, certains sont même prêt à payer le prix fort! Le support du jeux (cartouches ou CD) fait partie intégrante du plaisir du jeu, quand on l’achète, quand on le met dans sa console pour la toute première partie. Un plaisir qui n’existe pas avec le dématérialisé et le téléchargement d’un jeu, qui peut prendre plus d’une heure…

               Ceci étant dit, le numérique continue de bouleverser tout ce qu’il touche. Après la presse et la téléphonie, c’est maintenant le jeux vidéo. De sa conception à sa diffusion,  il n’échappe pas à la règle. Son système économique en subit les conséquences et cherche à s’adapter. Développeurs et constructeurs vont-ils entrer en concurrence? Le cloud gaming sera-t-il la prochaine façon de jouer? L’avenir nous le dira, les comportements des futures générations de joueurs également. Mais ce qui est sûr, c’est qu’il y aura toujours des nostalgiques pour préférer des heures de jeu dans son canapé, sur une bonne « vieille » console de salon!

Mélanie Caro

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3 commentaires pour Le cloud gaming: quel avenir pour le jeu vidéo?

  1. tizen dit :

    Personnellement je ne suis pas prêt à passer au cloud gaming, pour certain jeux style BF3 ou COD d’accord, mais en ce qui concerne les jeux comme la série Final Fantasy hors de question d’y jouer sans avoir un CD!
    Déjà que les consoles récentes ont retirer le plaisir de changer de CD en cours de partie… Et oui FFVII et ses 4 CDs quel bonheur d’arriver au dernier!

    • tizen dit :

      3 CDs* (faute de frappe x))

    • MelanieCaro dit :

      entièrement d’accord :) j’ai acheté FF7 sur le PSN en 2009, et aujourd’hui je dois racheter une licence si je veux y rejouer… heureusement j’ai récupéré la version matérielle!

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