Une femme premier ministre, réalité ou absurdité ?

Alors qu’on nous assomme de sondages pour savoir qui sera le futur président, d’autres enchérissent à coups de spéculations sur le prochain premier ministre qui pourrait être .. une femme. Alors qu’en 2007, les Français n’avaient pas sauté le pas pour élire une dame, Ségolène Royale, à la tête de l’état, une de ses consœurs, Martine Aubry, pourrait bien être désignée à Matignon: un véritable changement pour la parité hommes-femmes.

Une représentation qui reste timide

6 présidents, 18 premiers ministres, 54 années sous le régime de la cinquième république et la France n’a connu qu’une seule et unique femme à la tête de son gouvernement. La privilégiée ? Edith Cresson qui remporte également le trophée du mandat le plus éphémère de notre république. Bien que l’entrée de la gente féminine se soit faite en 1936 – Cécile Brunschvicg sous secrétaire d’Etat à l’Education nationale- la féminisation du pouvoir exécutif connaît une croissance lente. Simone Veil, Christiane Taubira ou encore l’actuelle présidente du FMI Christine Lagarde, on compte sur les doigts de la main les femmes qui ont fait l’Histoire de la politique française. Une situation qui semble malheureusement pérenne. Aujourd’hui, le nombre de femmes dans le gouvernement reste assez minoritaire: sur les seize ministres actuellement en fonction, seulement deux femmes, Valérie Pécresse et Roselyne Bachelot, sont chargées d’un ministère.

La cause féminine, un nouvel enjeu

Cependant la campagne présidentielle de 2012 a mis au devant de la scène le thème de la parité hommes-femmes, dès octobre, avec la primaire socialiste. La candidate qui a lancé le débat n’était autre que Martine Aubry. Une proposition qui s’est étendue et inscrite dans le programme socialiste après la désignation du représentant du parti à la rose, François Hollande. Le sujet devenant alors l’un des projets phares du parti avec la promesse, notamment, de la création d’un ministère des droits des femmes. Une cause qui a vite été reprise par tous les candidats à l’élection présidentielle, au centre comme à droite et à gauche, mais également aux extrêmes. Un intérêt qui s’illustre par le forum organisé conjointement par le magazine ELLE et Science Po au début du mois. Le résultat : quatre candidats ont décliné l’invitation (J-C Mélenchon, P. Poutou, J. Cheminade et N. Sarkozy remplacé par N. Kosciusko-Morizet) et plusieurs promesses électorales ont été présentées (horaires de piscine spécialement réservés aux femmes pour F. Bayrou, peine de prison contre l’inégalité de salaires pour N. Arthaud etc.)

Une exception française ?

A l’échelle mondiale, l’hexagone ne ferait pas d’innovation. En effet, on dénombre dans le monde déjà plusieurs femmes aux plus hauts postes de dirigeants : Julia Gillard premier ministre australien ou encore Hell Torning-Shmidt récemment nommé ministre d’Etat du Danemark mais également la chancelière allemande Angela Merkel. Toutes s’inscrivent dans la lignée de ces femmes de pouvoirs, une vingtaine à ce jour. Une petite révolution semble être en marche. La France est-elle capable de faire ce pas ? Un premier indice, dimanche soir, à l’issue des résultats du premier tour de la présidentielle.

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2 commentaires pour Une femme premier ministre, réalité ou absurdité ?

  1. Fanny M dit :

    Pas sur que ce soit le PS qui ait proposé le premier la création du ministère du droit de la femme. Du moins Jean-Luc Mélenchon l’a proposé en même temps.
    Tu fais passer le PS comme un parti féministe, mais il ne compte pas revenir sur la retraite à 60 ans (qui touche le plus les femmes) et les sanctions qu’il compte donner aux entreprises ne respectant pas l’égalité salariale reste faibles. Les partis de gauche (le Front de Gauche, le NPA et Lutte Ouvrière) comptent appliquer des mesures beaucoup plus radicales !
    Le 5 avril (journée du forum organisé par ELLE et Science Po) Jean-Luc Mélenchon intervenait à Toulouse pour le meeting du Front de Gauche. Deux jours après, il intervenait lors d’un meeting avec l’association <>. « Décliner l’invitation » ne fait pas de lui un candidat inattentif aux causes féministes.

  2. Mchan dit :

    Une femme PM ça changerait quoi ? On n’a même pas l’égalité salariale en France alors qu’on se dit le pays des droits de l’homme dans une Europe qui hurle à l’outrage quand les femmes paient les assurance autos moins cher… parceque CA c’est de la discrimination, mais pas les salaires qu’on touche tous les mois.
    Perso je me fiche d’UNE femme mise en avant je souhaiterais plus de femmes dans les grands groupes ou à la tête des entreprises et pas qu’on nous lance un os à ronger, UNE femme…
    De plus Barak Obama est hélas l’exemple qu’on peut avoir un président noir qui n’arrive pas à faire avancer les droits des noirs ou à faire passer des réformes « sociales » (même si aux USA le blocage des Républicains joue bien sûr).
    Qu’on ne laisse pas Marine le Pen jouer la carte de défenseur des femmes ce serait déjà pas mal sinon on va se retrouver sans IVG (de confort) et payées à rester à la maison (pour effacer miraculeusement le chômage).

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