Michael Jackson, Whitney Houston : Quand la mort devient rentable

Le 11 février dernier décédait la star mondiale Whitney Houston, alors âgée de 48 ans. La chanteuse que le succès avait pourtant quitté depuis plusieurs années revient aujourd’hui sur le devant de la scène, car c’est bien connu, certaines personnalités sont souvent plus appréciées dans la mort que de leur vivant. Un phénomène qui n’est pas nouveau, mais qui devient de plus en plus rentable…

C’est un fait avéré. A notre époque, il apparait de plus en plus que l’entourage d’une personnalité décédée semble déterminé à profiter de sa toute nouvelle notoriété posthume. Ainsi, on s’appuie sur la fascination qu’exerce sur la population la mort d’un artiste, la poussant à s’y intéresser, à le découvrir ou le redécouvrir, comme si elle se rendait compte trop tard de ce qu’elle venait de perdre. Car, en effet, ce phénomène commence avec le public qui, curieux et nostalgique, souhaite replonger dans une partie de sa vie désormais révolue ou découvrir l’artiste dont tout le monde se (re)met à parler ; preuve que le phénomène est bel et bien enclenché, la chambre de l’hôtel de Beverly Hills dans laquelle est morte Whitney Houston est aujourd’hui réservée pour des semaines… Et la voie est toute trouvée pour les industriels désireux de générer de nouveaux bénéfices…

Une fascination plus ou moins marquée sur laquelle les maisons de disques et les familles d’artistes disparus n’hésitent pas à tabler pour s’enrichir.

Aussi, dès 4h du matin la nuit de la mort de la chanteuse, le prix de l’album Houston’s The Ultimate Collection and Whitney en vente sur Itunes augmentait de 60%. Une décision sur laquelle Sony est ensuite vite revenu au regard des nombreuses protestations. Deux jours après la mort de la star, l’album entrait dans le top 3 international des téléchargements sur Itunes. Le film Bodyguard est quant à lui ressorti le 28 mars dans les salles de cinéma américaines. Bien que Warner Bros explique que cela a en fait lieu à l’occasion du vingtième anniversaire du film, on ne peut s’empêcher de penser aux bénéfices que la société va engranger. En 1992 Bodyguard avait rapporté plus de 400 millions de dollars au box office. De même, un remake et une version en comédie musicale du film sont en prévision. Les actrices Jennifer Hudson et Heather Headley reprendraient alors le rôle tenu à l’époque par Whitney Houston.

Cette agitation commerciale n’est pas sans rappeler celle que l’on connait depuis le décès du roi de la pop, Michael Jackson, le 25 juin 2009.

Effectivement, c’est bel et bien la star qui a généré le plus de revenus après sa mort, loin devant Elvis Presley et les Beatles. Il faut dire que sa renommé internationale a fait de lui la poule aux œufs d’or de Sony, sa maison de disques. Il n’est donc pas étonnant que cette dernière cherche à exploiter le filon jusqu’au bout. Les ventes de ses disques ont explosé dès la fin du mois de juin 2009, conséquence de ce regain d’intérêt général qui suit toujours la mort d’un artiste. Un accord signé dans la foulée entre John Branca et John McCain, les exécuteurs testamentaires du chanteur, et Sony Music Entertainment, prévoit la sortie de dix albums du chanteur d’ici 2017. Le premier, intitulé «Michael» et sorti en décembre 2010, a d’ailleurs suscité quelques polémiques. D’abord sur l’authenticité du chant de Michael Jackson, ensuite sur la question de la «bienséance» ; étant donné que ces albums doivent se composer en partie des nombreux titres que le chanteur, extrêmement perfectionniste, ne jugeait pas assez bons pour être livrés au grand public, aurait-il donc sorti «Michael» s’il avait encore été vivant ? Il est très probable que non.

Qu’à cela ne tienne, mis à part les CDs, nombreux sont les produits tels que les DVDs de clips, par exemple, les différents jeux vidéos dont le principe est de danser sur les plus gros tubes de l’artiste, ou encore la multiplication des produits dérivés tels que les t-shirts, les figurines ou les mugs. Sont également parus de nombreux livres à son sujet, comme des biographies non autorisées, des albums photos, ou même la réédition limitée de son autobiographie écrite dans les années 1980. Il faut ajouter à cela les nombreuses émissions destinées à lui trouver des successeurs, et les spectacles comme celui de la troupe du Cirque du Soleil. On ne peut également pas passer à côté du film This is it qui avait, selon le magazine Billboard, rapporté un an après la mort de l’artiste près de 260 millions de dollars de recettes au cinéma, et 68 millions de dollars de plus grâce à la vente et à la location des DVDs.

Il faut enfin compter sur la volonté qu’ont les autres artistes de la famille de surfer sur cette vague de popularité ; ainsi, Jermaine Jackson, l’un des frères du chanteur, sortait il y a quelques temps une version remise au goût du jour du célèbre Blame It On The Boogie des Jackson 5. Une transformation qui dénote particulièrement avec le morceau d’origine.

 Il y a à peine quelques semaines paraissait également une nouvelle biographie de la star écrite par ce dernier. Un nouveau livre se vantant de révéler «toute la vérité sur Michael Jackson»…

Ceci étant dit, cela est bien connu, le business passe souvent avant la morale ; les affaires restent les affaires…

Coralie Dupriez

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Un commentaire pour Michael Jackson, Whitney Houston : Quand la mort devient rentable

  1. fjva dit :

    Reblogged this on Fan Actuel.

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