Le metal, un ovni musical ?

Les musiques extrêmes comme le metal sont souvent victimes de critiques, la plupart du temps infondées. L’auditorat classique trouve ces musiques inaudibles et les détracteurs du genre s’appuient sur le côté destructuré du metal pour affirmer que ce style n’est pas vraiment de la musique. En ce qui concerne les fans, les adjectifs pour les nommer sont innombrables : alcooliques, sataniques, sales, racistes… Il est grand temps de faire la lumière sur ce style trop souvent décrié car fortement méconnu, même si bien sûr, certains accumulent tous ces stéréotypes.

Tout d’abord, le metal est un genre en évolution constante, c’est une musique non figée. Ces dernières années, une nouvelle vague venue tout droit des Etats-Unis a submergé la scène extrême. Ces groupes se singularisent par une idéologie tout à fait révolutionnaire dans ce milieu, une idéologie basée sur la religion chrétienne. C’est une réelle innovation ; avant il était inconcevable pour tout metalleux qui se respectent de mêler christianisme et metal. Pourtant beaucoup l’ont fait et certains s’inspirent uniquement de leur foi pour composer leur musique. Les américains de For Today, avec un style que l’on peut qualifier ironiquement de Jesuscore, en sont un bon exemple. En France, le mouvement s’implante avec notamment Betraying The Martyrs, groupe de Christiancore parisien.

Bien sûr, le Satanic Black Metal est toujours d’actualité tout comme les références Old School (Maiden, Metallica…). Mais maintenant, le metal est une entité assez large qui regroupe plusieurs courants, parfois même contradictoire. Il y a autant de style de metal que de groupes de metal. Chaque groupe essaie de se démarquer en se concentrant sur une idéologie, sur un thème bien précis. Parmi les plus connus, on peut citer le Viking Metal des suédois d’Amon Amarth, le Pirate Metal des écossais d’Alestorm ou bien encore le Folk Metal des finlandais d’Ensiferum, basé sur le paganisme et sur l’histoire de leur pays natal. Cette diversité est un atout mais aussi un point faible. La diversité des groupes et donc des fans, crée une division qui peut expliquer facilement le poids presque inexistant du metal en France et donc sa méconnaissance. En Amérique, en Allemagne ou en Scandinavie, la place du metal est aux antipodes de ce qu’elle est en France. Il faut dire que les médias délaissent complètement ce style, pour faire de la place aux musiques plus commerciales et plus « politiquement correctes ». Naturellement, le chant hurlé n’est pas accessible à tout le monde. Puis lorsque l’on rajoute des pochettes d’album à l’Artwork gore, satanique ou en tout cas très provocateur, les chances de plaire au grand public s’amenuisent.

Les noisecoreux d'Anal Cunt ont un goût très prononcé pour la provocation de mauvais genre, qui pourtant assure leur fond de commerce. En voici la preuve avec cette pochette représentant l'un des insignes que portaient les dignitaires nazis...

Cependant, dans un pays où la liberté d’expression est censée être garantie, il est inacceptable qu’un style musical soit marginalisé et qu’il ne soit diffuser sur la bande FM qu’à partir de minuit !

Le groupe norvégien Urgehal montre par ses artworks, son appartenance ou mouvement True Satanic Black Metal.

Les suédois de Lifelover ont une préférence pour le malsain et le sale pour exprimer leur Depressive Black Metal

Même s’il reste underground, le mouvement demeure bien présent car les fans de metal font partis de ceux qui achètent le plus de CD et se rendent le plus en concert. De plus en plus de petits festivals voient le jour en France comme le Warm Up en région parisienne ou le Motocultor en Bretagne. La référence reste tout de même le Hellfest à Nantes qui regroupe chaque année près de 70 000 adeptes. Malgré ce succès grandissant, le metal reste invisible dans les medias. Dans la sphère politique, il est aussi inexistant, si on oublie les actions du regretté député Patrick Roy. Mais gardons espoir, dans certaines contrées lointaines de l’Est européen, la cause metal gagne du terrain. En guise d’exemple, prenons le show très controversé des norvégiens de Gorgoroth réalisé à Cracovie en Pologne à l’occasion du Black Mass Krakow 2004. Le groupe culte de Black Metal y a donné une représentation visuellement très spectaculaire. Sur scène, nous pouvions voir des têtes de moutons empalés, des fils barbelés, des volontaires, nus, crucifiés puis pour couronner le tout, des artistes couverts de sang de porc. Les autorités polonaises ont trainé le groupe en justice pour atteinte aux droits des animaux et bien sûr pour atteinte à la religion car rappelons-le, la Pologne est un pays où le christianisme tient une place fondamentale dans la société. Contre toute attente, Gorgoroth n’a pas été condamné et actuellement le groupe continue de semer la terreur dans toute l’Europe. Cette anecdote est devenue une sorte de symbole qui fait espérer toute la communauté metal d’un avenir meilleur. En tous les cas, les acteurs de ce monde mettent tout en œuvre pour un développement et une visibilité plus grande du style.

Ceci étant dit, il faut maintenant croiser les doigts et attendre une conjoncture plus favorable à l’ouverture culturelle.

Gorgoroth au Black Mass Krakow 2004.

Pour aller plus loin :

– voici quelques groupes à découvrir : Obscura, Temple of Baal, Urgehal, Iwrestledabearonce, Upon A Burning Body, Malevolent Creation…

– quelques adresses à connaitre : Le Klub (14, rue Saint Denis, 75004 Paris) pour des soirées underground. Le Black Dog (26, rue des Lombards, 75004 Paris), le pub des metalleux parisiens !

– quelques dates à noter sur vos agendas : Suffocation le 18 Mars au Glaz’art, Paris. Obscura le 29 Mars toujours au Glaz’art puis le Warm Up festival sur 3 jours à Vernouillet dans les Yvelines !

Stay true, stay brutal !!!

                                  A mon frère.

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Un commentaire pour Le metal, un ovni musical ?

  1. fjva dit :

    Reblogged this on Fan Actuel and commented:
    Intéressant article pour tenter de sortir le metal de son image hardcore (soit dit en passant, le Hellfest n’a jamais déploré d’incident notable, contrairement à d’autres festivals de musiques censément plus « calmes »).

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