Evening Glory

Quelques mois après sa venue dans la capitale (le 7 décembre dernier au Casino de Paris), Noel Gallagher a réinvesti ce mardi une salle parisienne, Le Grand Rex, dans le cadre de sa tournée européenne. Tout juste auréolé du titre de « Godlike Genius » aux NME Awards, Mr. Gallagher est venu défendre son album solo, Noel Gallagher’s High Flying Birds, sorti en octobre dernier et classé numéro un en Grande Bretagne. L’album a été plutôt bien reçu par la critique, mieux en tout cas que celui de Liam avec son groupe Beady Eye, ce qui renforce l’idée que Noel Gallagher jouit actuellement (depuis toujours ?) d’un meilleur capital sympathie que son frangin. Malgré cela, la question du « live » se posait : comment s’en tire Noel, seul, ou presque? Car quand on a joué avec l’un des plus grands frontman de l’histoire du rock, le virage pouvait sembler compliqué.

Il est déjà 20h, le groupe The Folks (en première partie) fait son apparition et l’on remarque quelque chose en voyant le chanteur apparaître : ce dernier tient dans sa main un tambourin, l’accessoire fétiche d’un certain Liam Gallagher, ce qui montre une sorte d’ héritage laissé par ce dernier à la nouvelle génération. The Folks ne reste qu’une demi-heure, après un set plutôt agréable à écouter mais qui n’a pas retenu l’attention du public parisien.

C’est bon d’être libre

20h30, The Folks quitte la scène et la pression peut commencer à monter pendant que le Grand Rex finit de se remplir. En face de moi, une jeune fille arbore le maillot de Manchester City, le club de cœur de Noel Gallagher. 21h, les lumières s’éteignent et le moment tant attendu arrive : Noel fait son entrée sur scène, entouré de ses quatre musiciens. Le set commence par « (It’s Good) To Be Free », présente sur l’album de face B d’Oasis, The Masterplan. Le choix est révélateur, témoin du renouveau de Noel Gallagher, malgré les diverses déclarations de son frère sur son envie de reformer le groupe. Le choix de la seconde chanson, « Mucky Fingers » est plus contestable tant ce morceau semble être l’un des plus mauvais écrit par Noel, sans saveur. Cependant on oublie vite cet accident car le moment est venu de se focaliser sur les titres de l’album solo, puisque Noel va en enchainer six, dont « If I Had A Gun » et le single « The Death Of You And Me », que le public reprend avec un réel plaisir. N’ayant pas décroché un mot entre les trois premières chansons, Noel se déride peu à peu et prend gentiment à partie un spectateur un peu trop bavard présent dans la fosse, en lui proposant avec humour de venir faire du shopping avec lui et sa femme dans la capitale. L’ambiance est bon enfant, sérieuse, à l’image du concert et de son principal protagoniste. Nous sommes déjà à la moitié du concert et c’est le moment choisi par celui-ci pour entamer l’un des hymnes d’Oasis, « Supersonic », premier single du groupe, originellement chanté par Liam, que Noel s’est réapproprié dans une sublime version acoustique. A la fin du morceau, le public scande « Noel! Noel! Noel ! ». Le concert prend alors de l’ampleur et la deuxième partie n’en sera que meilleure. Noel continue d’alterner les chansons de son album et celles d’Oasis, avec, pour ces dernières, deux faces B de The Masterplan (encore), les intimistes «Talk Tonight » (à l’histoire bien particulière pour Noel) et « Half The World Away », qui contrastent avec les morceaux souvent plus rock de l’album solo. Une jolie complémentarité donc.

Don’t Look Back In Anger

22h10, Noel et ses High Flying Brids quittent la scène puis reviennent deux minutes plus tard pour ce qui sera le meilleur moment du concert : le rappel. Quatre chansons d’Oasis, quatre tubes, en commençant par le très rare « Whatever » et son refrain fédérateur. L’absence de Liam sur ce morceau se fait à peine ressentir. On poursuit avec l’un des meilleurs titres du groupe période 2000’s, le génial « The Importance Of Being Idle », une composition 100% Noel Gallagher, qui réjouit la foule entière. La fin approche, et les premiers accords du très beau « Little By Little » électrisent le plus grand des cinémas de la capitale. Le morceau prend clairement une autre dimension en live, la puissance mélodique semble ici s’être multipliée par deux par rapport à la version présente sur l’album. Le public a vraiment pu redécouvrir ce morceau dans ce qui fut l’un des plus beaux moments de la soirée. Mais c’est déjà l’heure de se dire au revoir, et en guise de cadeau de départ, Noel offre au public ce qu’il attendait le plus : « Don’t Look Back In Anger », surement la meilleure chanson du groupe de Manchester, celle qui semble tenir le plus à coeur au chanteur. Tout le Grand Rex est debout (malgré les sièges de la salle), de la fosse jusqu’aux balcons, des plus jeunes jusqu’aux quadras. La foule reprend à l’unisson le refrain que Noel lui laisse le soin de chanter. Mémorable.

Après une dernière standing ovation du public, Noel salue la foule puis quitte la scène. Les lumières tamisées du Grand Rex réapparaissent, permettant une douce transition vers la sortie. Tant mieux, car l’on n’a pas vraiment envie de se sortir de l’esprit ce très beau moment passé avec le « Godlike Genius », qui a confirmé ce soir là qu’il se débrouillait aussi bien qu’avec son frère Liam. Une chose est sûre : on ne se retournera pas sur ce concert avec colère…

Publicités
Cet article, publié dans Culture, Musique, est tagué , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s