Devenue mère avant d’avoir été femme

De nos jours, nombreuses sont les jeunes filles à suivre une grossesse, voulue ou non. Choisir de donner la vie est une grosse responsabilité mais à l’adolescence, ce choix devient plus complexe.

A mi chemin entre l’enfance et l’âge adulte, ces jeunes filles mineures ont pourtant plus facilement accès à la contraception qu’il y a trente ans. Cependant, on observe aujourd’hui qu’une jeune fille sur cinq, sexuellement active, ne l’utiliserait pas.

20 % des jeunes filles n’ont pas conscience de pouvoir tomber enceinte lors du premier rapport sexuel non protégé, une des explications aux 15 000 IVG (interruption volontaire de grossesse) chez les mineures, selon le quotidien Le Monde.

Le manque d’information est l’un des facteurs de grossesse pour un grand nombre d’entre elles. D’autres s’interdisent d’utiliser des moyens de contraception pour des raisons religieuses ou simplement pour faire plaisir à leur partenaire. La situation familiale peut elle aussi contribuer à une maternité précoce, lorsque certaines jeunes filles veulent reproduire l’exemple maternel.

Souvent déconnectées, entre le rêve et la réalité d’être maman, ces jeunes femmes ne manquent pas de persévérance. Les témoignages de Sophie et Virginie nous montrent que, malgré quelques difficultés, la grossesse d’une jeune fille peut être tout aussi remarquable et touchante que celle d’une femme plus âgée.

Aurélien, Chloé, Sophie

  • Qu’est ce qui t’a poussé à aller au terme de ta grossesse ?

Sophie : Cela faisait pratiquement deux mois que j’étais avec mon copain. J’utilisais une contraception régulière que j’ai malencontreusement oubliée un soir. J’avais alors 17 ans et le 28 janvier 2010 on m’a annoncé que j’étais enceinte. Ce fut un choc, aussi bien pour mon copain que pour ma famille. Mais pour moi il n’y avait aucun doute, je devais garder cet enfant. L’envie de devenir maman était plus forte que tout. Après quelques semaines de réflexion, mon copain a accepté ma décision.

Virginie : Ce qui m’a poussé à aller au terme de ma grossesse c’est qu’avant d’être enceinte, je ressentais le besoin d’être maman. Cela faisait un moment que j’avais arrêté tout moyen de contraception. Le jour où on m’a annoncé que j’étais enceinte, j’avais alors 21 ans. Ce n’était pas à la meilleure période de ma vie. Le père était contre mais moi j’étais prête à l’assumer, j’avais pour modèle ma mère qui elle aussi m’a élevée sans père et pourtant je n’ai jamais manqué de rien. Je devais alors en faire de même pour mon fils.

  • Comment arrives-tu à gérer ta vie de mère et de jeune fille ?

Sophie : Grâce au soutien de mes proches, qui, à la naissance de ma fille, ont finalement accepté ma décision. Mes parents ont souvent été là pour garder ma fille ce qui me permettait d’avoir un peu de temps libre. De plus, elle va 2 heures par jour à la garderie. Mon copain, à la naissance de Chloé, a trouvé du travail ce qui nous a permis d’emménager dans un appartement et d’avoir notre indépendance. Pour ma part, je n’ai pas repris le travail pour le moment car selon moi être mère au foyer est le plus beau métier.

Virginie : Je suis actuellement en congés de présence parentale suite aux 2 mois et demi d’hospitalisation de mon fils. Pour sa santé, je ne pouvais donc pas reprendre le travail. Je suis très soutenue par ma famille, surtout par ma mère qui consacre tout son temps libre pour son petit-fils. Même si le papa de mon fils n’est pas présent, je me dois de rester forte afin de tout donner à mon fils.

  • Quel conseil donnerais-tu à d’autres jeunes filles qui sont dans le même cas que toi ?

Sophie : Ne jamais baisser les bras, même si vos proches sont contre vous, car dans ces moments là, tu es seul à pouvoir prendre cette décision.

Virginie : Ecoute ton cœur, il y aura toujours quelqu’un pour t’aider financièrement et moralement.

  • Avec un peu de recul, ne regrettes-tu pas ton choix ?

Sophie : Même si les sorties des filles de mon âge me manquent et bien je me dois de garder la tête haute pour ma fille de 16 mois qui est ma plus grande fierté.

Virginie : Malgré le fait que j’ai passé ma grossesse seule, je ne regrette pas d’avoir donné la vie à mon fils qui a aujourd’hui 7 mois. La seule rancœur que j’ai va à l’encontre du père qui ne se préoccupe ni de la santé, ni du quotidien de son fils.

Peu importe l’âge, un bébé est, et restera, un heureux événement.

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