Catherine, un threesome virtuel ?

Une promotion basée presque exclusivement sur le sexe

Catherine est un ovni dans le monde du jeu vidéo. Avec une campagne de promotion excessivement floue, le doute planait sur ce jeu. Dans quelle catégorie le classer, à qui s’adresse-t-il ?
Avec une campagne de promotion basée presque exclusivement sur le sexe et sur des vidéos plus qu’ambigües, le joueur tombe dans le piège du jeu érotique. L’histoire est plutôt basique : Vincent, stéréotype du trentenaire un peu perdu, est en couple avec Katherine, une charmante blonde. Mais plus rien ne fonctionne entre eux. Ils ne se parlent plus, ne se touchent plus et passent leur temps à se reprocher tout, mais surtout n’importe quoi. Katherine tente de faire le point et met la pression à son charmant fiancé pour qu’il s’engage enfin sérieusement dans leur relation. Histoire plutôt banale, connue et vécue par une grande majorité de la population. Un garçon, une fille, un couple et plus aucune entente. Vincent préfère faire le pilier de bar avec ses amis plutôt que discuter avec sa moitié. Un matin, il se réveille avec une sacrée gueule de bois et une autre fille dans son lit. Elle s’appelle Catherine, elle est aussi sexy que Katherine est charmante. Catherine a un corps fait pour être aimé, c’est une fille avec qui les garçons veulent partager leurs nuits et leur lit, mais pas leur vie. C’est un fantasme vivant, un appel au sexe, une représentation de la sexualité.
C’est sur cette charmante histoire que la campagne de promotion s’est basée : rien sur le type de jeu, rien sur le public visé. Des vidéos extrêmement obscures, qui présentent les personnages, l’histoire, mais pas le type de jeu.

Catherine, un jeu érotique ?

De sexuel, le jeu n’en a que la façade car Catherine est un « puzzle game ». Durant des périodes hallucinatoires ou des rêves, Vincent est en bas d’un mur, oreiller à la main, et il doit l’escalader en déplaçant des blocs. Le joueur doit donc grimper méthodiquement, en déplaçant les blocs et en grimpant dessus afin d’arriver tout en haut. Ce n’est pas si simple que ça en a l’air car notre héros est poursuivi par ses pires angoisses : bébé hurlant « papa » ou fesses pleines de dents. Cela peut faire sourire au premier abord, mais c’est très stressant à jouer, qui reste de marbre quand il sait que la fin n’est pas si loin ? Il faut se préparer à transpirer et à subir une sorte de torture psychologique face à la pression exercée par les éléments perturbateurs de cette escalade. C’est donc rapidement et méthodiquement, mais surtout calmement, qu’il faut arriver en haut du mur. Il est possible de jouer à deux avec le mode coopération, dans ce cas là, le deuxième joueur doit aussi arriver au sommet du mur. L’entraide et la confiance en l’autre sont de mise.
Catherine touche à notre notion de moralité : jusqu’où sommes-nous prêts à aller dans la tromperie ? Vincent devient notre alter-égo virtuel puisque le cours de l’histoire change en fonction des choix du joueur. Selon nos réponses, Vincent se tourne vers le Bien (Katherine, la charmante officielle) ou le Mal (Catherine, l’officieuse érotique) Le jeu possède différentes fins, suivant les décisions du joueur au cours de l’histoire. Il est, en quelque sorte, réalisateur du jeu, il est le marionnettiste, celui qui prend les décisions pour un personnage incapable d’en prendre tout seul.

Catherine, représentation d’une génération.

Le jeu est difficile, ce qui est peut être rapidement frustrant pour les joueurs stressés, ne supportant pas les moments de pression : mains moites et tachycardie sont ici de la partie. En contrepartie, les personnages sont attachants, le sujet est inhabituel et en s’accrochant il est possible de vivre une expérience assez intéressante, qui peut vous en apprendre sur vous-même. Catherine se distingue des autres jeux avec son histoire soigneusement travaillée, sa problématique clairement exprimée dans laquelle chacun peut se retrouver. Rester avec la personne qui représente l’habitude, le futur ou partir pour celle qui est l’incarnation de l’imprévu et de la folie ? Question que chacun se pose à une période charnière de sa vie. Finalement, Vincent c’est vous, c’est moi, c’est le trentenaire basique qui a peur de laisser sa jeunesse derrière lui pour entrer dans un monde d’adulte.

Ceci étant dit, Catherine s’impose comme un jeu représentant une génération complète d’adultes encore très adolescents, perdus entre la vingtaine amusante et la trentaine terrifiante.

Publicités

A propos Elisabeth

Salut ! J'habite au Koweït avec mon chat depuis deux ans maintenant. J'y suis maitresse d'école et je raconte mon quotidien dans ce pays si mystérieux qu'est le Koweit. Bienvenue, ne faites pas gaffe à la poussière : c'est comme ça, la vie dans le désert ;)
Cet article, publié dans Culture, Jeux Vidéo, est tagué , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s