SebastiAn l’homme de l’Ombre

La couverture de son Album "Total"

Le regard sombre, il arrive vêtu de noir sur scène. De ses baffles surgissent des sons qui le classent parmi les grands de la musique électronique. Si le nom de SebastiAn n’est connu que par les amateurs d’électro, c’est bien lui qui a clôturé le show anniversaire des 9 ans du label Ed Banger Record, la semaine dernière à Lille. Retour sur le parcours d’un artiste de l’ombre qui mérite plus de lumière.

Enfant de l’Est et du Hip-Hop

Enfance particulière pour Sebastian Akchoté. Né en France, il grandira en Yougoslavie (et le contexte de guerre qu’on y connaît) avant de revenir dans l’Hexagone pour s’orienter vers le rap et le hip-hop. Un talent précoce, mais indéniable, bien présent puisqu’à 14 ans à peine il produit l’un des albums de son ami Jean-Louis Costes via le label de son frère. C’est avec un projet en collaboration avec un MC qu’il rencontrera Pedro Winter, le pape de l’électro en France, qui a déjà produit Justice et Daft Punk. Lui seul décrochera un contrat avec le label parisien en 2005. Il multipliera les productions, les remixes pour ses camarades d’Ed Banger (Uffie, Daft Punk) ou d’autres plus inattendues (le très bon remix de la moins bonne chanson de Nâdiya Tous Ces Mots), le tout regroupé au sein de la compilation (A fine sélection of Remixes). Mais plus encore qu’un grand « remixer », il se distingue par ses qualités de producteurs. Nightcall, le titre de Kavinsky dévoilé par le film Drive, cache la production et le mixage de SebastiAn. Le premier album du phénomène français Woodkid (lancé par le titre Iron) sera également produit, entre autres, par SebastiAn. Ce dernier est la pierre angulaire de nombreux titres qui, sans sa minutie et son sens de la production musicale, ne seraient peut-être pas ce qu’ils sont devenus.

Un pas dans la lumière

Sa notoriété grandit et l’attente de son album avec. Mais si en 2008, il annonce un album pour l’année suivante, ce n’est qu’en 2011 qu’on aura le privilège d’entendre Total : 16 titres aussi puissants les uns que les autres et longtemps muris dans un climat post-Justice, ses amis, qui ont inondé les clubs parisiens. Il fallait s’en détacher, c’est chose faite. Un son travaillé, saturé, des samples parfois Funk (le génial Embody), baroques (Tetra avec un clavecin) ou totalement métal (Doggg), des envolés lyriques au violon ou des reprises de sons motorisés pour Motor. Là, apparaît la véritable créativité de SebastiAn. Pouvoir piocher le son là où on ne l’attend pas et en faire une musique d’une force rare.

La tournée 2011 qu’il a lancé s’appelait Primary Tour. Un show politisé où le candidat SebastiAn amenait lentement une véritable dictature à travers une mise en scène qui suscitera beaucoup de réactions.

Ceci étant dit, malgré le « Votez SebastiAn » affiché sur scène, il ne sera peut-être pas président de la République en 2012, mais la foule scandera sans relâche son nom. A quand la consécration ?

Le jeudi 1er Mars est sorti son nouveau clip réalisé par Gaspard Noé pour le titre « Love In Motion« . Clip qui déjà fait polémique et a même été censuré puisqu’on y voit une jeune fille mineure déguisée en diablesse effectuer une danse lascive : à vous de juger !

Primary Tour, concert politique

Pour écouter l’album Total c’est ici

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