César 2012 : Sick of The Artist!

En ce vendredi 24 février se déroulait la 37e cérémonie des César. Une année où le cinéma français nous a fait rêver, de par sa diversité, son originalité et surtout sa fraîcheur! Seul hic dans cette histoire, on s’attendait à un verdict équilibré mettant à l’honneur tous les brillants films de l’année, mais les votants aux César en ont vu autrement…

Polisse, La guerre est déclarée, Pater, Intouchables, The Artist, L’exercice de l’Etat… Les César n’avaient épargné personne dans les nominations. Après une année où le cinéma français avait finalement décidé d’élever le niveau, les professionnels étaient fiers de mettre en avant ce grand crû si bien acclamé par la critique.
Malheureusement, The Artist a (presque) tout raflé, en laissant de côté des bijoux du 7e art qui avaient tous leur place dans le palmarès de 2012!

Le brillant, poignant, et si « nécessaire » Polisse de Maïween avait défrayé la chronique et le public depuis le festival de Cannes jusqu’à sa sortie en salles. Cependant, avec seulement deux César sur treize (meilleur espoir féminin pour Naidra Ayadi, et meilleur montage pour Laure Gardette et Yann Dedet), le film a vécu une véritable injustice. Alors que Robert DeNiro lui avait offert le prix du jury à Cannes, Maïween méritait le prix du meilleur film ou bien réalisatrice. Mais Michel Haznavicius n’a rien voulu partager. Et quand ce n’est pas Michel, c’est Bérénice Béjo. Remarquable dans The Artist, l’actrice était très émue de recevoir le César de la meilleure actrice. Mais on ne pouvait s’empêcher d’être abasourdi quand on avait face à elle le duo Karin Viard et Marina Foïs, pour qui un ex-aequo semblait être une évidence. Deux performances a couper le souffle mais éclipsées par le film muet…

Un qui n’a pas pâtit de The Artist, c’est OMAR SY! Un grand bonheur quand Nicole Garcia a prononcé son nom (déjà parce que, trop de Dujardin tue Dujardin) et surtout pour cet acteur d’une immense prestance, jouant à la perfection dans le film aux 19 millions d’entrées, j’ai nommé Intouchables! Mais aussi parce qu’Omar fait rêver. Premier César du meilleur acteur attribué à un homme noir, Omar donne sûrement de l’espoir à beaucoup de jeunes ambitieux, dans le cinéma ou autre, et montre que venir de banlieue et être d’origine étrangère ne riment pas avec défaite! Il prouve aussi qu’en France le talent suffit pour avoir un César et qu’on n’a pas besoin de faire campagne pour cela!
Intouchables ne récoltera qu’une seule récompense, et ce n’est pas si mal car certains sont repartis bredouilles, comme le fabuleux La guerre est déclarée

Coup de coeur de la presse, deuxième film français le plus bankable de l’année, salué par le public, le film de Valérie Donzelli n’a reçu aucun César malgré ses six nominations. Avec cette rude compétition, on ne s’attendait certes pas à voir le film remporter le prix du meilleur film ou de meilleure actrice. Pourtant la catégorie où Valérie Donzelli et Jérémie Elkaïm étaient totalement légitimes était celle du meilleur scénario original. Raconter le combat de deux parents contre le cancer de leur fils avec autant de courage, de force et d’émotions était le pari réussi des deux scénaristes, néanmoins les votants ont préféré L’exercice de l’Etat par Pierre Schoeller.

Evidemment The Artist est un film magnifique, original et merveilleusement risqué. Pourtant, c’était loin d’être le seul. Car l’idée d’un film muet est osée mais en soi le film est légèrement en dessous d’un Polisse. Dans un monde parfait, Karin Viard et Marina Foïs auraient eu ensemble le César de la meilleure actrice. La Guerre est déclarée aurait eu celui du meilleur scénario original, et Maïween celui pour la meilleure réalisatrice. Avec toute cette équité, le meilleur film serait revenu à The Artist, parce que ça reste The Artist!
Et pour les César techniques, aucune critique, car ils ont été correctement partagés.

Ceci étant dit, la soirée a tout de même été réussie. Malgré l’intervention de Mathilde Seigner, (d’une grande inutilité et impolitesse à l’égard de Michel Blanc, César du meilleur second rôle masculin) qui a demandé à ce que JoeyStarr, perdant, monte sur scène car il méritait, selon elle, le trophée. D’autres ont pu monter sur scène en y étant invités. Comme les acteurs d’Angèle et Tony (Clotilde Hesme et Grégory Gadebois) tous les deux meilleurs espoirs. L’équipe de L’exercice de l’Etat a aussi passé une bonne soirée avec trois César en poche (meilleur scénario original, meilleur second rôle masculin et meilleur son).
Une soirée où l’on se souviendra de Julie Ferrier, hilarante en dresseuse d’animaux indignée parce que nos amis les bêtes n’ont pas leur propre catégorie aux César ! Sara Forestier, si heureuse et honorée de remettre un César. On n’oubliera pas l’hommage émouvant à Annie Girardot, ni le César d’honneur à Kate Winslet remis avec humour par Michel Gondry.
Et bien sûr on n’oubliera pas non plus Une séparation pour meilleur film étranger, Le chat du rabbin pour meilleur film d’animation, Tous au Larzac pour meilleur film documentaire et L’accordeur pour meilleur court métrage.

Les Césars 2012 rimeront alors avec The Artist, et nous montrent aussi que le cinéma français entre dans une nouvelle ère, où diversité et originalité sont à présent des mots d’ordre à ne pas négliger.

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