La dévalorisation universitaire : l’oisiveté à la fac, un vieux cliché?

Quel étudiant d’université ne s’est pas déjà fait rétorquer un « Oh tu es en fac, tu dois te la couler douce » ? Cette simple phrase résume une réalité dégradante pour les concernés. De nos jours, l’université véhicule malgré elle une image d’oisiveté et de cours de qualité médiocre.

Le dur passage du lycéen  à l’étudiant en université : principale raison de l’échec

Cette image est à bannir, les universités ne sont pas un puit de fainéantise, cette image est injustement véhiculée par le grand nombre d’élèves fumistes sortants. Ces derniers sont le produit du système secondaire qui forme uniquement à préparer le baccalauréat et sans penser à l’après. Les bacheliers, une fois leur diplôme obtenu, n’ont plus que deux mois pour se retourner après une année de bachotage intensif (« passe ton bac d’abord ! »). Ils se retrouvent alors perdus, au milieu de toutes ces écoles, BTS, IUT qui ne prennent que sur dossier. Les inscriptions à ces types de formation se font durant l’année de terminale, or les prétendants au Bac ont déjà suffisament à traiter pour s’y adonner, remettant à plus tard le moment de faire un choix. Ce type de lycéens atterri à l’université, qui est accessible à tous et dont les frais d’inscription n’engagent pas de s’endetter sur les dix prochaines années. Une fois échoué sur les bancs du campus, le lycéen, fatigué de son année de bachotage, voit dans les heures libres de l’université un moyen de souffler. Mais, ces heures d’apparente liberté sont là pour effectuer des recherches pointues. Les derniers beaux jours passent et à la Toussaint l’après-lycéen se sent désemparé face à la montagne de travail en retard avec peu voire aucune directives. L’autonomie ? C’est la première fois que l’ancien élève du secondaire doit y faire face. Ce type d’étudiant décroche alors très vite et diffuse une mauvaise image de l’université. Malheureusement, en raison de la massification, 3 étudiants sur 4 en Université sont concernés par ce phénomène.

Amphi-Conférence de l'université de Cergy

On a également l’image de l’amphithéâtre bondé, du prof seul à lire son cours et se souciant très peu de la compréhension de ses élèves. FAUX ! Cette image puise ses sources dans les années 70-80, où avoir le baccalauréat était suffisant et les études supérieures n’avaient qu’un intérêt limité. Evidemment, quand une expérience est un échec, on en retient que le négatif, voilà pourquoi nous avons une si mauvaise image de la fac. Aujourd’hui, les professeurs d’université sont autant présents pour leurs élèves que ceux des grandes écoles, la seule différence, c’est la démarche de l’étudiant, d’une part volontaire et imposée de l’autre.

Une image qui entraine une discrimination à l’embauche pour les étudiants d’université

Dans le reportage de Capital, sur M6, intitulé « Jobs étudiants /Jobs d’été », diffusé le 29 mai 2011, on a l’archétype du concessionnaire de voiture, qui ne veut recruter que des étudiants de prépa car ils ont, selon lui, plus d’aptitude au travail acharné. Voilà, un avis véritablement insultant pour les étudiants en université qui travaillent autant, pour ceux qui sont là par choix, que les étudiants en prépa. De plus, n’étant confrontés à aucune contrainte extérieure (professeurs encadrant rigoureusement, frais d’inscription exorbitants), les étudiants d’université sont beaucoup plus autonomes car ils  ne doivent compter que sur eux-mêmes pour trouver la motivation du travail bien fait.

Prépa ou universitaire : Qui est le plus « bosseur » ?

Une comparaison entre Prépa et Université n’est pas l’étude a effectué car elles n’ont pas les mêmes buts : Pour l’Université, l’objectif est la réflexion personnelle, permise uniquement par l’autonomie. Ce n’est la priorité en Prépa car cette dernière prépare à un concours, comme son nom l’indique. Elle est donc un bachotage à plus haut niveau.

La majorité a tendance à confondre le prestige d’un diplôme et la difficulté à l’obtenir. Le prestige est véhiculé par l’opinion générale régie par l’argent : si une école coûte cher, c’est qu’elle est difficile d’accès autant financièrement qu’intellectuellement, or le premier des critères prévaut largement sur le second. L’université est certes quasi gratuite, mais il est aussi difficile, voire plus, d’obtenir une licence à l’université que dans une grande école. Ce qui importe de nos jours, dans le monde du travail, c’est le prestige de l’établissement supérieur fréquenté et non les connaissances en elles-mêmes. Pour preuve, quand un diplômé d’une grande école se présente, il ne dit pas « j’ai une licence en droit », non, il dira plutôt « je sors de l’ESSEC » (par exemple).

Ceci étant dit, il est grand temps que l’universié retrouve ses lettres de noblesse, aujourd’hui déchirées, piétinées et jettées dans le feu des grandes écoles.

C.H. et C.D.

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